#27 – Pardon

043 - Pardon

— J’aurais dû t’empêcher de démissionner.

Certaines choses restaient les mêmes. La fatigue avait toujours délié la langue de Yuki, que ce soit dans l’open space ou en pleine mission. Haru bascula sur le dos, regrettant d’avoir accepté de dormir dans la même chambre que Yuki. Tant pis pour sa nuit. Son coéquipier s’assit en tailleur, l’attention perdue sur la porte d’entrée.

— Je t’ai pas laissé le choix, répondit simplement Haru.

C’était vrai. Il avait simplement posé son badge et son arme sur le bureau de Yuki, puis avait claqué la porte.

— Y avait forcément une autre solution !

— J’en sais rien…

— C’était stupide.

— C’est pas le moment, Yuki…

— On était une équipe, mais je t’ai lâché.

— Arrête tes conneries, tu veux ?

— Je suis désolé.

— Arrête ça !

Haru détourna le regard. Un poids qu’il croyait disparu pressait sur sa cage thoracique. Les draps se froissèrent sous sa main. Thémis l’enveloppa d’un sentiment de réconfort.

Cette pensée te suit depuis que nous avons quitté Shianbashi. Tu devrais lui dire.

Haru hésita, puis céda.

— T’as baissé ton arme.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— Quand tu nous as chopés pendant notre fuite, Yangchen et moi. Ta supérieure t’a demandé de tirer, mais t’as baissé ton arme.

— De quoi tu par…

Les yeux de Yuki s’écarquillèrent.

— Évidemment, abruti ! J’aurais jamais tiré !

— Moi, si, cracha Haru, amer.

Il se redressa.

— J’ai douté de toi. Sans l’intervention des MEKA, j’aurais tiré.

Pourquoi ce sentiment de culpabilité ? Cette humaine essayait de te tuer et Yuki menaçait Yangchen. Tes craintes étaient justifiées.

Je sais… mais il a baissé son arme. C’est pas mon cas. J’aurais dû savoir qu’il ne tirerait pas. J’aurais dû lui faire confiance. Bordel…

Haru s’agenouilla sur le matelas et s’inclina devant Yuki.

— Je suis désolé.

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