#31 – Lumière

047 - Lumière

Lysandre avançait dans un couloir sombre.

Ses doigts glissaient le long des boiseries qui recouvraient les murs. Froid. Rugueux, par endroits. Il ignorait où il se trouvait et comment il était arrivé là. Une seule certitude demeurait : il devait avancer.

Ses pas résonnaient sur le parquet. Le couloir semblait interminable. Aucune fenêtre, aucune lumière. Seulement cette obscurité épaisse, que ses yeux ne parvenaient pas à percer.

Des voix étouffées s’élevèrent sur sa droite. Lysandre s’immobilisa.

Les murmures provenaient d’une porte située quelques mètres plus loin. Sous le battant, un filet de lumière blanche perçait les ténèbres. Il tendit l’oreille. Plusieurs voix se mêlaient, chuchotant dans une langue qu’il reconnaissait, mais dont le sens lui échappait complètement.

Il s’approcha. Les murmures cessèrent.

Sa main se posa sur la poignée. Lysandre hésita, puis ouvrit la porte. La pièce était immense. Du moins, il le supposait : les murs et le plafond se perdaient dans l’obscurité. Au centre, un cercle de lumière éclairait une silhouette masculine, immobile, qui lui tournait le dos.

Il connaissait cet homme. Cette certitude s’imposa à lui. Pourtant, il ne distinguait ni son visage ni ses vêtements. La courbe de ses épaules, sa nuque, ses bras ballants… Rien ne lui était familier. Il fit un pas. Les murmures reprirent, plus forts, plus pressants. Lysandre se retourna, cherchant leur origine. La porte avait disparu. Derrière lui, il ne restait qu’un mur de ténèbres.

— Il y a quelqu’un ? cria-t-il.

Les voix s’intensifièrent. Elles semblaient venir de partout, se superposer, se répondre dans un vrombissement violent. Lysandre plaqua ses mains contre ses oreilles. Puis le calme revint.

— Approche.

Cette fois, il avait compris. Il releva les yeux vers la silhouette. Elle n’avait pas bougé. Pourtant, quelque chose dans sa posture avait changé. Ses épaules tremblaient.

— Qui êtes-vous ? demanda Lysandre.

— Ne sois pas triste, tout va bien se passer.

Il voulut reculer, mais son pied avança. La lumière vacilla. Il sentit une pression contre sa poitrine, comme si la pièce elle-même cherchait à le repousser. La silhouette leva lentement la tête vers le plafond.

Puis elle hurla. Un cri déchirant. Humain. Quelque chose remua dans la lumière, une main, peut-être, qui cherchait à rejoindre la sienne. Lysandre tendit la main à son tour.

— Attendez !

La lumière explosa. Un blanc absolu engloutit la pièce. Lysandre ferma les yeux, mais la clarté traversait ses paupières. Il ne voyait plus rien. Il ne sentait plus le sol sous ses pieds.

Lysandre se réveilla en sursaut.

Son souffle était court, son cœur battait la chamade. Il porta une main à sa gorge, puis contempla les ténèbres de sa chambre. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il reconnaisse les meubles, les rideaux et les contours familiers de son lit.

Il était seul. Il s’ébouriffa les cheveux, trempés de sueur.

Encore ce cauchemar…

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